Affaire Pilarski : « J’aurais tué Curtis moi-même s’il l’avait touchée »… Un prévenu qui défend son chien à outrance

Une affaire de chien•Le procès de Christophe Ellul s’est ouvert ce mardi au tribunal de Soissons ce mardi. Il est poursuivi pour homicide involontaire six ans après la mort de sa compagne, enceinte, blessée mortellement par des morsures de chien

Christophe Ellul à la barre du tribunal de Soissons qui comparaît pour homicide involontaire, plus de six ans après la mort de sa compagne d'Elisa Pilarski.
Christophe Ellul à la barre du tribunal de Soissons qui comparaît pour homicide involontaire, plus de six ans après la mort de sa compagne d’Elisa Pilarski. - Hans Lucas via AFP

Cécile De Sèze

L’essentiel

  • Christophe Ellul, 51 ans, est jugé jusqu’à jeudi pour homicide involontaire. Le 16 novembre 2019, il avait laissé sa compagne, âgée de 29 ans et enceinte de six mois, promener seule en forêt Curtis, deux ans, adopté aux Pays-Bas et importé de façon suspecte.
  • Arrivé libre au tribunal, habillé tout en noir et le crâne rasé, le prévenu a soutenu que son chien n’était pas responsable de la mort de sa compagne.
  • Il assure se battre « pour la mémoire d’Elisa et d’Enzo », le prénom qui aurait été celui de leur fils.

Au tribunal correctionnel de Soissons,

Ce n’est pas le procès du chien. Et pourtant. Toutes les questions, ou presque, visent à tenter de comprendre quel comportement avait Curtis, comment il était promené par ses maîtres, de quelle race était-il, et comment avait-il été acquis. Au premier jour de son procès, Christophe Ellul, propriétaire de l’animal et compagnon d’Elisa Pilarski, renvoyé pour homicide involontaire, défend son chien jusqu’au bout des griffes. Plus de six ans après la mort de sa compagne de 29 ans à l’époque, alors enceinte de leur petit Enzo, le prévenu semble toujours porter le deuil. Il n’a pas refait sa vie, déclare-t-il d’une voix terne à la barre, vêtu en noir de la tête aux pieds. Pour tenter de ne pas penser au drame, il « consacre [son] temps au travail ».

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Son immense douleur est à l’image de l’horreur des faits qu’il a traversés. C’est lui qui a trouvé le corps de sa femme « mangée de partout ». Quand il l’a trouvée, nue, dans la forêt de Retz (Aisne), il s’est « imaginé plein de choses, qu’elle s’était fait violer ». « Il y a beaucoup de choses qui se sont passées dans ma tête. J’étais perdu », se souvient-il. Reste que des questions ne sont pas élucidées.

Comme ce message mystérieux et particulièrement incriminant, envoyé depuis son téléphone à la victime. A l’heure où il cherchait Elisa Pilarski, il a écrit « je le fais piquer ». Accablant pour son chien. Sauf « qu’au jour d’aujourd’hui », le prévenu ne « se rappelle pas l’avoir écrit ». « Je ne vous dis pas que je ne l’ai pas écrit, je ne vous dis pas que je l’ai écrit, mais je sais pas. Si j’avais écrit ce message, il serait encore dans mon téléphone », argumente-t-il. « A aucun moment quelqu’un a dit qu’il avait été effacé, on vous dit juste que vous ne l’avez jamais mentionné, le corrige la procureure. La seule personne qui a dit qu’il avait été effacé, c’est vous. »

Un chien illégal sur le territoire français

Devant la mère et l’oncle d’Elisa Pilarski, parties civiles au procès, il maintient, comme depuis le jour des faits en novembre 2019, que Curtis est innocent. S’il avait eu la preuve de la culpabilité de son chien âgé de deux ans à l’époque, s’il « avait touché Elisa et l’avait tuée » il assure que c’est lui « qui aurait tué Curtis ». « Je n’ai plus ma femme, je n’ai plus mon fils. Est-ce que vous pensez que j’aurais laissé une chance à Curtis ? », interroge-t-il à la cour. Jamais, selon Christophe Ellul, ce chien n’a montré de signe d’agressivité. Même devant ses neveux, des enfants de deux et trois ans, « les mains pleines de gâteaux ». Aujourd’hui, il l’assure : « Je veux savoir la vérité, je l’attends depuis 7 ans. Si Curtis est coupable, tuez-le, piquez-le ou c’est moi qui le ferai, mais mettez sur la table les preuves. C’est tout ce que je vous demande. Je ne veux pas qu’Elisa et Enzo soient décédés pour rien ».

Curtis a été acheté aux Pays-Bas, déclaré comme un Patternal Terrier Whippet sur son passeport. Mais un expert contredit cette version pendant l’instruction l’identifiant davantage comme un croisé proche d’un American pitbull terrier appartenant à la catégorie 1, dite de chiens dangereux. Une catégorie interdite sur le territoire français. Il aurait ainsi été inscrit au livre généalogique de l’American pitbull terrier (APBT).

« Je n’ai rien inscrit », soutient Christophe Ellul. Interrogé par la procureur, il nie avoir été au courant de la véritable race du chien. Elle lui rappelle des paroles rapportées par sa fille Charlotte : « Les gens ont des pitbulls avec des papiers de staff [autre race de chien], sinon, il n’y aurait pas de pitbull en France. Après, il faut juste trouver un vétérinaire ». L’intéressé nie. L’échange se tend. Mis en difficulté, Christophe Ellul perd patience, s’agace, s’énerve. « Apparemment c’est moi le menteur », lance-t-il. Il est rappelé à l’ordre par la représentante du ministère public lui conseillant de ne pas être « acerbe », « ça va vous desservir ».

Echanges tendus avec le procureur

Ce propriétaire de nombreux animaux (on a compté environ huit chiens), maintient qu’ils étaient « comme une famille ». Pourtant des témoins affirment qu’ils vivaient en cage 23 heures sur 24, rappelle la présidente du tribunal Armelle Radiguet. « C’est faux », rétorque le prévenu, précisant néanmoins que les chiens étaient effectivement en cage « pendant les transports », « pour les faire manger », « la nuit aussi » et quand il partait au travail.

Alors l’interrogation centrale subsiste : Était-il au courant de la véritable race du chien ? Et donc de sa potentielle dangerosité ? Aurait-il pu éviter les risques encourus par Elisa Pilarski en cette journée d’automne, quand elle est partie promener seule ce chien entraîné aux concours sportifs et au mordant, toute seule dans la forêt ? Pour l’accusation, il ne fait pas de doute que Curtis est à l’origine des blessures mortelles. Mais la défense s’appuie sur une autre hypothèse. Pour elle, c’est la meute de chiens de chasse à courre qui passait par là qui pourrait avoir attaqué la jeune femme. Le tribunal a trois jours pour trancher.

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